Entreprendre avec un TDAH, en tant que maman expatriée : mission impossible ? Pas vraiment.

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Les femmes doivent s’autoriser à ne pas être parfaites. Faites de votre mieux, et c’est déjà suffisant.
Sheryl Sandberg

Je vais être honnête avec vous : si quelqu’un m’avait dit il y a quelques années que je tenterais de lancer mon propre business tout en élevant un enfants à l’étranger, et avec un TDAH en prime, je n’y aurais pas cru. Et pourtant, me voilà. Avec mes listes éparpillées sur des bouts de papier, mes élans d’hyperfocus suivis de longues périodes de doute, mes idées qui fusent sans cesse et une vie quotidienne qui ressemble parfois à un joyeux chaos, mon anxiété face au temps qui passe à une vitesse folle alors que moi, je n’avance pas…

Mais ce n’est pas un échec. C’est une aventure. Et je suis persuadée que si vous lisez ces lignes, c’est que vous aussi, vous ressentez cette envie, ce besoin presque viscéral de créer quelque chose qui vous appartient. Alors installez-vous confortablement, prenez un café (ou un thé si vous êtes de la team zen), et parlons de ce que signifie vraiment entreprendre quand on est une maman expatriée avec un cerveau qui carbure à 1000 à l’heure.

Le TDAH et l'entrepreneuriat : une étrange combinaison qui fonctionne

Si vous êtes diagnostiquée TDAH, vous connaissez probablement cette sensation de ne jamais pouvoir suivre une routine comme tout le monde. Le simple fait de respecter un emploi du temps rigide est un combat quotidien. Alors imaginez travailler pour quelqu’un d’autre, avec des deadlines strictes, des règles absurdes et un patron qui croit qu’il a tous les droits sur vous pendant vos heures de travail sous prétexte qu’il vous paye. Autant dire que l’entrepreneuriat n’est pas seulement un choix pour beaucoup d’entre nous, c’est souvent une nécessité.

Mais ce qui pourrait sembler être un handicap se révèle souvent une force. Les personnes avec un TDAH ont une capacité créative hors norme. Nous voyons des opportunités que d’autres ne voient pas, nous avons une énergie inépuisable (du moins quand notre cerveau veut bien s’y mettre) et une résilience qui nous permet de rebondir après chaque échec. En d’autres termes, nous sommes peut-être des génies chaotiques, mais nous sommes aussi des créatrices nées.

Le véritable défi, c’est de structurer tout cela sans étouffer notre spontanéité. Et croyez-moi, ce n’est pas une mince affaire. Surtout quand on vient de commencer, comme moi, et que l’on a aucune idée de ce qu’on fait et de ce qui nous attend sur le chemin. C’est aussi pour ça que j’écris ces lignes, en espérant qu’un jour mon parcours inspirera une autre jeune femme dans le même bateau que moi et lui donnera le courage d’avancer.

L'expatriation : entre liberté et isolement

Vivre à l’étranger, c’est une expérience qui transforme. On découvre une nouvelle culture, une nouvelle langue, une autre manière de vivre et de penser. Mais c’est aussi un véritable saut dans l’inconnu. On doit se débrouiller seule dans des systèmes administratifs opaques, comprendre des règles fiscales qu’on n’avait jamais envisagées, et surtout, trouver un équilibre entre notre vie de famille et notre envie d’entreprendre.

Ajoutez à cela un sentiment d’isolement parfois pesant, l’absence de réseau professionnel local et le stress de devoir tout construire à partir de zéro, et vous obtenez un cocktail plutôt corsé. Mais l’expatriation est aussi une opportunité unique. Elle nous oblige à nous adapter, à sortir de notre zone de confort, à développer une capacité à nous réinventer qui est précieuse en tant qu’entrepreneure.

Parfois, j’ai l’impression d’avoir deux identités : celle de la maman qui gère le quotidien dans une langue qui n’est pas la sienne, et celle de l’entrepreneure qui veut construire quelque chose de plus grand et contribuer à la construction d’un monde meilleur tout en assurant un avenir serein pour sa famille. Jongler entre ces deux rôles est un challenge permanent, mais c’est aussi ce qui rend l’aventure si enrichissante. Et c’est aussi ce qui me donne la force de continuer chaque jour, malgré ma neurodiversité.

 

S'organiser quand son cerveau refuse les plans

On ne va pas se mentir : l’organisation est sans doute la partie la plus compliquée. Les personnes avec un TDAH ont une capacité hors du commun à perdre des heures sur un projet passionnant tout en oubliant totalement une tâche essentielle qu’elles devaient terminer la veille.

J’ai testé tous les outils possibles : applications de productivité, agendas papier, tableaux Kanban, bullet journal… Et au final, ce qui fonctionne le mieux pour moi, c’est d’avoir des méthodes flexibles qui me laissent une marge de manœuvre. Par exemple, au lieu de me fixer un emploi du temps rigide, je préfère fonctionner par blocs de travail en fonction de mon niveau d’énergie. Si je suis en phase d’hyperfocus, j’en profite pour avancer un maximum sur mes projets créatifs. Si je sens que ma concentration est à son plus bas, je prévois des tâches plus mécaniques, comme la gestion des mails ou la mise à jour de mon site.

Le plus difficile est de faire tout toute seule. Ce n’est que le début et je sais que c’est une phase obligatoire dans la création d’un business, surtout quand c’est notre premier. Mais quand on a un TDAH, devoir tout gérer de A à W peut se révéler extrêmement angoissant. On entend souvent que le mieux c’est d’externaliser ce qui nous prend trop d’énergie mentale. Parfois, investir dans un petit service d’assistance (comme un logiciel d’automatisation ou un freelance pour certaines tâches) peut être bien plus rentable que d’essayer de tout faire soi-même. Mais quand on a pas les moyens, c’est une autre histoire. Alors j’essaye de rester tolérante envers moi-même et de contenir la perfectionniste qui est en moi. Rien n’est parfait, et si ça l’était, la vie serait bien ennuyeuse ! Je me contente donc de viser la perfection, tout en gardant un esprit réaliste.

Et si le secret était d’accepter le chaos ?

Si j’ai appris une chose depuis que je me suis lancée dans cette aventure, c’est que vouloir tout maîtriser est une illusion. Il y aura toujours des jours où rien ne se passera comme prévu, où la fatigue prendra le dessus, où mon cerveau refusera de coopérer. Et c’est OK.

L’entrepreneuriat, ce n’est pas une course à la productivité parfaite. C’est une construction, brique après brique, qui prend du temps et qui demande une bonne dose de patience et de bienveillance envers soi-même.

Alors si vous êtes, vous aussi, une maman expatriée avec un TDAH qui tente de se frayer un chemin dans l’univers parfois impitoyable de l’entrepreneuriat, sachez une chose : vous n’êtes pas seule. On avance ensemble, un pas à la fois.

Et vous, qu’est-ce qui vous aide à avancer malgré le chaos ? Partagez votre expérience en commentaire, je serais ravie d’échanger avec vous !

 

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